Le nouveau directeur général prend les rênes d’une activité en recul.
Il a prévenu ses équipes lundi après-midi. Il est parti dans la foulée. Raymond Redding, qui était à la tête de la branche courrier de La Poste depuis novembre 2004, a cédé hier son poste à un homme de la maison : Nicolas Routier, entré à la direction financière du groupe en 1988 et nommé fin 2003 conseiller de Jean-Paul Bailly, le président de La Poste, et président-directeur général de Médiapost, une filiale qui distribue des prospectus et des journaux gratuits. « Raymond Redding a un projet personnel », assurait-t-on hier du côté de la direction. À 59 ans, il quitte un groupe qu’il avait rejoint en 1970, et où il a fait toute sa carrière.
Nicolas Routier lui succède à 46 ans. En interne, il était pressenti depuis plusieurs années pour prendre les commandes de ce qui est de loin la branche la plus importante de La Poste (54,3 % du chiffre d’affaires 2008, et 61,5 % du résultat d’exploitation). « Il est déjà dans le sujet, il connaît les équipes et le métier, souligne une porte-parole. Il fait aussi partie du comité exécutif depuis des années ».
Hier pourtant, l’annonce de ce changement a été vécue comme surprise. « Nous nous attendions au départ de Raymond Redding, mais pas aussi rapidement, déclare Jacques Lemercier, secrétaire général de la fédération FO. Il y a beaucoup de tensions au courrier depuis quelques mois ». Pour Hervé Morland, secrétaire général de la fédération CFDT, « cette annonce est intervenue brutalement ». C’est certain, les difficultés structurelles du courrier, renforcées par la crise économique, obligent La Poste à réfléchir à son organisation. « Nous nous attendons à des mesures d’économies supplémentaires et sans doute des adaptations de l’outil de production », avance Hervé Morland.
Ouverture à la concurrence
L’an dernier, le chiffre d’affaires du courrier a reculé de 1,2 % à périmètre et changes constants, sous l’effet de la baisse des volumes de 3 %. C’est une préoccupation majeure pour La Poste, d’autant que la tendance empire. Au premier trimestre, les volumes ont chuté de 5 %. Ce déclin inquiète plus le groupe que l’ouverture complète à la concurrence de ce marché, prévue pour 2011. « Notre préoccupation immédiate, c’est bien plus l’impact de la crise économique sur les volumes du courrier que l’ouverture totale du marché en 2011, confiait récemment Raymond Redding au Figaro. D’ores et déjà, près de la moitié du marché du courrier est ouvert à la concurrence, et nous en contrôlons toujours 99 %. À l’horizon 2021, mon objectif est que notre part de marché tombe, au pire à 95 %. »
Source : Le Figaro