Début 2011, le centre de tri de Saint-Brieuc sera fermé et, le 8juin prochain, une première partie de son activité va être transférée à Rennes. Hier, une cinquantaine de salariés ont protesté contre ce qu'ils considèrent être une «aberration».
D'ici deux ans, sa vie risque d'être complètement bouleversée. Floriane Hédé a 27 ans. Depuis cinq ans, elle travaille au centre de tri de Saint-Brieuc, en horaires de nuit. Contractuelle, elle gagne environ 1.300 € par mois. Et c'est avec anxiété que la jeune femme voit une date butoir s'approcher à grand pas: le début de l'année 2011. À cette période, le centre de tri de Saint-Brieuc sera vraisemblablement fermé. Ainsi en a décidé, il y a un an, la direction de La Poste dans le cadre de son plan Cap qualité courrier (CQC). Comme tous ses collègues, Floriane va donc devoir trouver une nouvelle affectation. «Il est fort probable que ce soit Rennes ou Brest. Mais, mes seules certitudes, c'est que je ne serai plus là début 2011 et que je vais devoir travailler de jour». Travailler de jour, cela signifie pour elle un salaire amputé de 250 €... et de sérieux maux de tête. «Mon ami travaille à Ploufragan. On loue une maison ici. Mais avec un salaire de 1.050€, je ne vais pas pouvoir faire 200km par jour. Alors maintenant, j'ai le choix: soit je plaque mon copain, soit je plaque mon travail».
Peu de possibilités de reclassement dans le 22
Aujourd'hui, ils sont 180 salariés du centre de tri à être dans le même cas que Floriane; incapables de dire où ils travailleront dans 24 mois. «Lorsqu'elle a annoncé la fermeture du centre, notre direction s'est engagée à reclasser tout le monde dans un rayon de 30km», relate Jean-Marc Déjoué de la CGT. «Seulement, des possibilités de reclassement dans les Côtes-d'Armor, il n'y en a pas beaucoup. Que ce soit à la distribution du courrier ou à l'accueil du public».
Mutations d'offices et ruptures de contrat
Prêts à entamer «une bagarre de longue haleine», les syndicats ont encaissé un premier coup cette semaine: à compter du 8 juin, le courrier des Costarmoricains à destination des autres départements français ou de l'international ne sera plus trié à Saint-Brieuc mais à Rennes. «Quinze emplois vont être supprimés à Saint-Brieuc (CDD non reconduits, départs à la retraite et mutations) et aucun ne sera créé à Rennes. Et on s'attend à de nouveaux transferts de compétence au deuxième semestre 2009», dénonce Serge LeQuéau de Sud-PTT. «Les reclassements risquent d'être très douloureux: pour les fonctionnaires, à la troisième proposition refusée, il y aura des mutations d'office. Pour les contractuels, ce sera une rupture de contrat».
* Julien Vaillant
Source : Le Télégramme