Lundi et mercredi, six tournées sont restées lettre morte, selon la CGT. Au centre de tri hirsonnais, les salariés refusent depuis le début de la semaine de faire des heures supplémentaires.
LE personnel de la plateforme de courrier d'Hirson aimerait travailler moins. Et tant pis s'il gagne moins, car de tournées additionnelles et d'heures supplémentaires, il n'en veut plus. « Nous ne sommes pas en grève. Simplement, nous refusons depuis lundi et jusqu'à la fin de la semaine de faire des heures supplémentaires. Nous en avons assez d'être surchargés de travail. En somme, nous voulons continuer à travailler normalement. »
Pour Laurent Hernoux, secrétaire départemental CGT du service courrier, ce qui est anormal s'illustre par des arrêts maladie qui se multiplient au centre de tri et le peu de moyens mobilisés pour y palier, ne faisant qu'empirer les cadences infernales imposées par le groupe depuis trois ans et demi pour les tournées de postiers.
Quelques exemples d'abus, selon lui : « Lundi, nous avions 35 tournées à effectuer et nous n'étions que 29 facteurs. Ce qui signifie que l'on a demandé à 6 postiers de faire deux tournées. Alors que chacun d'entre eux n'a bien sûr à en effectuer qu'une seule par journée. »
Une pétition
Ce même jour, sur 52 personnes, 37 l'ont écrit noir sur blanc, sur une pétition : « Toute cette semaine, un agent refuse et refusera de faire des heures supplémentaires, de modifier ses RTT et de changer d'équipe. […] Les reliquats de tournée à découvert ne seront pas distribués. »
Cela a été le cas lundi. Selon Laurent Hernoux, environ 2 000 foyers n'ont pas été livrés. La Poste confirme, quatre tournées ont été repoussées.
Hier, en revanche, les versions divergeaient : selon la CGT, deux tournées n'ont pas eu lieu mais selon la direction, aucune.
Entre les deux parties, les chiffres des arrêts de travail ne s'additionnent pas non plus de la même façon : selon La Poste, « pas mal d'arrêts maladie ont été constatés ce lundi et traduisent une situation exceptionnelle ». Selon la CGT, en revanche, quatre arrêts maladie ont été signés il y a plusieurs mois, voire il y a quelques années. Deux autres, plus ponctuels, s'apprêtent à être adressés à la direction.
Selon la CGT, la situation actuelle n'est pas occasionnelle. Pour la directrice de l'établissement hirsonnais, Caroline Obara, non plus : « C'est une situation difficile mais pas exceptionnelle. La période de congés scolaires n'y est pas étrangère. Nous aurons peut-être recours à des CDD. Tout en respectant des logiques de productions, nous mettons en place les moyens nécessaires pour que le nombre de personnes au travail soit suffisant. »
Durablement… ?
Delphine OLIVA
l'Union/L'ardennais