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 Philatélie et politique, de David Brunat

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MessageSujet: Philatélie et politique, de David Brunat   Dim 6 Nov 2011 - 9:47

Philatélie et politique (étude de David Brunat) - 9 novembre 2010

Timbres de droite et timbres de gauche ?

Rien n’échappe à la politique…même pas la philatélie et, au détour d’un livre, un ancien membre du gouvernement a apporté, récemment, aux débats sur les conflits d’intérêts sa part de révélations. Des révélations qu’il faut relativiser comme le souligne David Brunat dans l’étude jointe ; une étude qui ouvre la voie à une recherche plus fouillée dans un ouvrage à paraître et qui permet d’observer, déjà, que certains timbres contemporains ne sont pas si « innocents » ! Des philatélistes professionnels ou collectionneurs amateurs ne font pas toujours le lien entre l’annonce d’un timbre sur le marché et sa connotation politique : la roche de Solutré ou Jarnac dès le premier septennat de François Mitterrand…ou Guy Môquet et le sommet Euro-Méditerranée avec Nicolas Sarkozy…d’un « village de Corrèze » puis de Tulle avec Jacques Chirac, ou encore le timbre de Richelieu (Indre-et-Loire), celui de Chaumont (Haute-Marne), annoncé six mois après les élections municipales de mars 2008..
David Brunat remonte un peu plus de cent-soixante ans d’Histoire de France et replace les timbres dans un album particulier, celui qui oublie, pour un temps, les dentelures et l’état de la gomme, et qui ne s’en tient qu’à la signification réelle ou cachée de l’image.
La lecture attentive des programmes philatéliques annuels et de leurs arrêtés met en évidence des « domaines réservés », introduits souvent dans les parties dites « complémentaires » ; la curiosité trébuche fatalement sur les mois qui suivent les élections présidentielles.
Autre tradition depuis la Libération, sans qu’aucun texte serve de support légal : les timbres dits « d’usage courant» et principalement Marianne alternent à chaque septennat ou désormais quinquennat ; en d’autres termes, depuis le Gouvernement provisoire, et depuis 1946 à chaque Président…sa Marianne légendée, Sabine ou autre coq.

Denys Pouillard



Du timbre-poste considéré comme un manifeste politique

Le timbre est devenu un objet de scandale. Un nouveau symbole des passe-droits et privilèges de la classe politique. Une expression en taille-douce du conflit d’intérêt, où d’artistes et précieuses vignettes parfois s’échangent contre force liasses de billets.

Dans son dernier livre, Pour en finir avec le conflit d’intérêt, Martin Hirsch a lancé une petite bombe d’encre et de papier dentelé en révélant une pratique ignorée du grand public : pendant des décennies, l’administration postale a réservé à quelques hautes personnalités politiques, dont le ministre des PTT (à tout seigneur tout honneur), des épreuves de luxe de ses principaux tirages philatéliques. Les heureux bénéficiaires en tiraient un complément de revenu original et substantiel, affranchi de toute servitude fiscale et pas vraiment bien oblitéré au regard de la morale publique (sans compter la faute de goût consistant à revendre les cadeaux qu’on a reçus).

On a beaucoup reproché à Hirsch d’avoir révélé le pot aux roses, et surtout de l’avoir fait peu de temps après sa sortie du Gouvernement. On aurait pu le reprendre sur un autre point, certes plus mineur :

« Ce système, écrit-il, était l’un des secrets les mieux gardés de la République. Probablement seuls les bénéficiaires connaissaient ce stratagème astucieux et lucratif. J’ai mis le doigt dessus en m’occupant de la commission pour la transparence financière de la vie politique ».

Cette assertion est d’un mariole ! Car, si l’ancien haut commissaire aux solidarités actives a effectivement fait connaître la combine à la France entière (du moins celle qui lit les essais politiques et écoute les journalistes politiques), les plus avertis en savaient parfaitement l’existence. Pour la simple raison que l’information était publique. Et même publiée,année après année, dans des annuaires accessibles à tous et bien connus des collectionneurs ( Yvert & Tellier, Céres….)

Extrait : « Depuis 1923, l’administration des postes fait imprimer des épreuves de luxe de la plupart des timbres émis. Ces épreuves sont constituées, en général, par un feuillet mesurant 150 x120 mm, au centre duquel le ou les timbres sont imprimés dans leur couleur exacte, mais non dentelés. Ces feuilles, officiellement réservées aux titulaires des hautes charges de l’Etat et à quelques hauts fonctionnaires des postes, sont recherchés par les collectionneurs ».

Clair et net ! Et si ces feuilles étaient tant prisées des collectionneurs, c’est bien la preuve qu’elles étaient revendues, fort cher, par leurs premiers et distingués détenteurs …

Quoi qu’il en soit, la vraie-fausse révélation du président d’honneur d’Emmaüs a eu un double mérite : montrer que le conflit d’intérêt peut s’incruster dans tous les compartiments de la vie politique et faire flèche de ses « ornements » les plus innocents, et (re)placer le timbre-poste dans une perspective proprement politique.

Tous les Etats émettent des timbres. Même à l’heure d’internet et des modes d’affranchissement dématérialisé, ces derniers demeurent des attributs de l’affirmation nationale. Et ce n’est pas un hasard si les pays devenus indépendants à la faveur de la décolonisation se sont empressés d’en fabriquer.

Le timbre n’est donc pas seulement un objet de désir pour les collectionneurs, un moyen d’instruction récréatif pour les jeunes et un cachet fiscal esthétisé : prérogative de souveraineté, comme l’est une monnaie, il constitue un manifeste politique.

Le timbre-poste est né au XIXe siècle. Comme la machine à vapeur, le bœuf bouilli et la démocratie parlementaire, c’est une invention anglaise.

Le 6 mai 1840 est édité le premier timbre au monde, le mythique « One penny black ». Il est à l’effigie de la Reine Victoria. Frappé de deux inscriptions : « Postage » et « One Penny » (soit sa valeur faciale), il ne porte aucune mention de pays. Quel meilleur exemple de l’affirmation du principe monarchique et de sa prééminence institutionnelle sur toute indication géographique ou référence territoriale ? C’est le souverain qui « fait nation ». Une caractéristique surprenante, mais qui est encore en vigueur, et qui fait d’ailleurs de la Grande-Bretagne l’unique pays au monde à identifier ses timbres par la seule effigie de son souverain.

La révolution postale française éclata pour sa part en 1849, année d’émission du premier timbre national (le 1er janvier).

Créé sous la IIe République, son motif décoratif ne pouvait naturellement être une tête couronnée comme en Angleterre ou en Belgique (pays dont le premier timbre, lui aussi créé en 1849, moins de vingt ans après son indépendance, représentait le roi des Belges Leopold Ier).

Le choix se portera sur une allégorie mythologique : Cérès, la déesse romaine des moissons. Insolite pour un timbre né en plein hiver … Un souvenir du paganisme calendaire de la Révolution française, un hommage à mère Nature et à ses fruits bienfaisants que la nouvelle République s’emploierait à faire prospérer ? Quoi qu’il en soit, sur cette vignette inaugurale non seulement la France est mentionnée, mais aussi le caractère du régime : « REPUB. FRANC. ». Ce régime républicain naissant et infiniment fragile (la suite des événements le montrera !) ressent le besoin d’affirmer sa légitimité institutionnelle.

Las, l’homme fort de l’époque, Louis-Napoléon Bonaparte, préfère un Mortel – en l’occurrence, lui-même- à une déesse. Un mois après le coup d’Etat du 2 décembre 1851, une loi impose l’effigie du chef d’Etat élu. La mention républicaine, elle, résiste. Pour peu de temps. Car, proclamé Empereur le 2 décembre 1852, Badinguet fait frapper sans délai une nouvelle mention : « EMPIRE FRANC. ».

Le timbre 20c bleu, non dentelé, émis en 1854, est un des plus beaux succès d’édition de l’histoire de France : il sera tiré à plus d’un milliard d’exemplaires (vous avez bien lu) … et la face impériale reproduite en autant d’exemplaires. Quelle ressource de propagande !

Allégories « sans étiquette » jusqu’à l’apologie du chef

La France a presque toujours compté parmi les pays où les timbres d’usage courant représentaient une allégorie – la Marianne, la semeuse, un coq, une « Paix » ailée, Mercure, etc… – et non l’effigie du premier personnage de l’Etat. A deux exceptions près : sous le Second Empire, on vient de le voir, et sous Vichy ! Les deux seuls régimes autoritaires (pour ne pas dire non démocratiques) qu’ait connus la France depuis le milieu du XIXe siècle sont aussi ceux qui ont dérogé aux canons philatéliques institués sous la IIe République. A pouvoir personnel, personnalisation des timbres-postes avec la figure du Chef. Manifeste politique s’il en est !

Depuis ses origines, le timbre-poste a logiquement vécu au rythme des évolutions institutionnelles du pays. Si, fort de ses victoires militaires et diplomatiques en Europe, Napoléon III fait imprimer en 1863 un nouveau timbre où, semblable à un poète pétrarquisant, il apparaît coiffé d’une couronne de laurier, à rebours la production philatélique ciselée à sa gloire ne survivra pas une heure à ses défaites. En 1870, l’Empereur est démis en même temps que ses timbres. Dès la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, il est bouté hors du royaume postal. Avec le siège de Paris, Cérès ressuscite ! Les nouveaux timbres, qui sont dentelés, sortiront à belle cadence des ateliers de Bordeaux où le gouvernement s’est retiré et qui possèdent les meilleures presses du moment.

Jusqu’à la fin de la IIIe République, les timbres réaffirmeront systématiquement le caractère rural et patrimonial (la célèbre Semeuse) mais aussi « le travail » (1938) ou la santé et l’hygiène (avec le timbre « courant », Pasteur) ; les grandes figures politiques sont totalement absentes, à l’exception de Jaurès et de Gambetta ou Victor Hugo. La Révolution française n’est pas honorée en 1889 et seulement un « serment du jeu de paume » pour son cent-cinquantenaire en 1939 ! Quant aux présidents de la République, ils n’ont pas encore le droit de figurer dans les albums, sauf Paul Doumer (assassiné en 1932). Comme s’il ne fallait choquer personne, Marianne et la République n’apparaissent que furtivement dans quatre cas seulement (1926, 1937, 1938 et 1939) en soixante-dix ans ! Pour se rassurer et au nom d’une unité nationale, la tiède République postale se retranche dans une abstention volontaire en choisissant ce qu’il y a de moins compromettant : la Paix, Iris, Mercure…A croire que la Commune ou 1905 font toujours peur et que le timbre siège chez les « non inscrits » !

Juin 1940 : débâcle de l’armée française et déroute du timbre républicain. Le Maréchal Pétain, prenant le pouvoir par un authentique coup de force constitutionnel, s’empresse de faire table rase du régime et de ses attributs philatéliques. Au diable la République abhorrée ! Place à moi !

C’est ainsi que pendant quatre longues et pénibles années, celui qui prétendait faire le don de sa personne à la France annexera sans vergogne l’espace philatélique. Le profil pétinien ornera de très nombreuses vignettes et se déclinera à l’envi sous le burin de différents artistes (Bersier, Prost, Hourriez, Mazelin), en même temps que s’étalera sur papier dentelé le programme de l’Etat français. A partir de janvier 1941 et jusqu’à la Libération, tous les moyens courants d’affranchissement postal seront ornés du profil du vieillard chenu tenant lieu de Guide suprême de la patrie.

Mais on peut aussi résister à cette figurine sépia : un faux timbre « type Hourriez » circule avec en arrière plan, Laval ; n’était-ce, néanmoins, trop vouloir prêter des excuses à un vieillard paraissant soumis alors qu’il était l’inspirateur du complot contre la Gueuse…

De nombreuses créations philatéliques décidées par le régime seront évidemment mises à profit pour les besoins de la cause. Les timbres « Pour nos prisonniers de guerre » (1941), « Légion tricolore » (1942), « le Maréchal dota la France de la Charte du Travail » (1944), « Le Maréchal institua la corporation paysanne » (1944), sans oublier la série canonique « Travail, Famille, Patrie » (1943), assignent au timbre-poste une fonction explicitement idéologique. Parmi les vecteurs de propagande, il y a les discours, les journaux, la radio, les affiches … et les timbres-postes. On admirera tout particulièrement les deux créations philatéliques précitées de l’année 1944, où sur une surface de papier réduite à sa plus simple expression, le régime trouve moyen de décliner des articles essentiels du programme de la Révolution nationale. Le timbre-slogan, une invention politicienne pour vanter les douze travaux d’Hercule Pétain !

Marianne et les héros

Mais la roue tourne, et en 1944, le gouvernement provisoire gaulliste fait imprimer à Alger des timbres qui sont mis en vente d’abord en Algérie et en Corse, puis dans toute la France, à mesure que le territoire est libéré. Quelle effigie orne ces timbres ? Le coq gaulois ou le visage de Marianne, assortis de la mention « REPUBLIQUE FRANCAISE ». Manifeste politique !

Certains timbres créés avant l’Occupation, comme la série Mercure, portaient la mention « République française ». Après la défaite de 1940, la série est maintenue, mais la mention est gommée au profit d’un très neutre « Postes françaises ». A la Libération, cette formulation est surchargée du monogramme RF (République française) à l’encre noire et grasse, comme pour signifier de façon ostensible le rétablissement du régime républicain. Parfois, c’est la Croix de Lorraine ou le sigle FFI, voire des slogans libérateurs, qui rehaussent la surface d’origine. Déclarations politiques, professions de foi patriotiques !

La philatélie participe, à sa manière, à la reconstruction. Des genres nouveaux apparaissent : les séries thématiques prospèrent dans tous les domaines de l’art, du luxe, de la mode, des sports…Les célébrités sont triées sur le volet comme si l’épuration était passée par là ; les grands médecins, les artistes, poètes, écrivains d’hier sont distingués…même Maurice Barrès trouve place dans la galerie de portraits de 1956. La timbrologie se fait, aussi, pédagogique, au lendemain de la seconde guerre mondiale : il faut lentement réconcilier les Français avec leurs hommes politiques ! On commence en 1948 avec Blanqui, Louis Blanc, Albert, Proudhon, Ledru-Rollin et Lamartine ; quelques stars de 1789 sont illustrées en 1950 puis un « Poincaré » la même année ; un « Jules Ferry » et un « Clemenceau » en 1951.
La IVème République n’étant pas à l’heure de la régionalisation, l’administration postale ose, dans sa série des blasons, d’étranges retours à l’Ancien régime : voilà revenues la Guyenne, Navarre et la Gascogne ; l’Anjou , le Béarn, le Dauphiné, le Berri, Saintonge et Aunis…Derniers clins d’œil à la France des provinces, avant de s’attaquer à l’aménagement du territoire

Les chefs de guerre, comme au lendemain de 1918, ont droit à leur vignette et à partir de 1957, commence une émouvante série, celle des héros de la Résistance, comme si la fin d’une certaine traversée du désert s’annonçait…

Mais l’une des caractéristiques, depuis le gouvernement d’Alger, est manifestée par la présence continue de l’un des symboles républicains : Marianne ou le coq. Une affirmation donc qui rompt avec la neutralité de « l’avant 40 » et qui traduit, à sa manière la phrase du général de Gaulle, le 25 août 1944 : « la République n’a jamais cessé d’exister ». La République ne nous quitte plus. Personne ne peut plus l’ignorer

La discrète « Marianne d’Alger » et le « coq d’Alger » (1944-1945) marques de fabrique du premier président du gouvernement provisoire, s’imposent ; puis la « Marianne de Dulac » (1944-1947) et la célèbre « Marianne de Gandon » (1945 à 1955) ; voilà pour Vincent Auriol. René Coty aura droit à la « Marianne de Muller » (1955-1961). A de Gaulle, la « Marianne de Decaris » (1960 – 1965) – et aussi un « coq de Decaris » - la « Marianne à la nef » (1959-1961), la « Marianne de Cocteau » (1961 à 1967) suivie de la « Marianne de Cheffer » (1967-1971) : la maigrichonne « Marianne de Béguet » (1971 – 1978) née sous Pompidou mais c’est une Sabine (tirée d’une œuvre de Louis David) qui accompagne en partie, le septennat de Giscard d’Estaing (1977)

Les deux septennats de Mitterrand seront illustrés par une Liberté (1982) et la « Marianne de Briat » (1989-1999) ; à cette dernière, on a plus coutume de lui attribuer la légende de « Marianne du Bicentenaire ». Dès lors toutes les « Marianne » à venir seront légendées.
Les Mariannes de Luquet et de Lamouche, sous Chirac, portent, respectivement les noms de « Marianne du 14 juillet » (1999-2005) et « Marianne des Français » (2005-2008). L’actuelle Marianne de Beaujard est sous-titrée depuis le 1er juillet 2008, « Marianne et l’Europe »

Jaurès, toujours, inaugure la Vème république en 1959 ; les grands travaux, les inaugurations officielles, l’espace et les satellites de télécommunication donnent aux jeunes collectionneurs l’impression que les gouvernements d’alors sont les artisans de cette France qui bouge, oubliant injustement, que toutes les grandes décisions d’équipement et de modernisation technologique ont été prises entre 1954 et 1959.

René Coty et Georges Mandel en 1964 sont des modernes isolés à côté de Clovis, Vercingétorix, Charlemagne, Philippe le Bel, du Guesclin, Jeanne d’Arc, François Ier, Louis XI, Henri IV… les tableaux religieux, les grandes batailles historiques, par séries entières, marient sabres et goupillons…pour le bien de la patrie ; les chefs militaires, les commémorations successives du 18 juin, de la Résistance ou des débarquements, enrichissent les albums et valorisent l’idée nationale.. Mais en 1969…point de célébration de la Révolution ; l’année 1968 est-elle trop proche dans l’imagerie populaire ?

Après le départ et la disparition de de Gaulle, la veine patriotique va-t-elle se tarir ? Non pas ! La République pompidolienne reprend le flambeau. En 1971 sont émis trois très beaux timbres : les « Etats généraux », la « bataille de Valmy », la « Prise de la Bastille » puis les séries napoléoniennes ; le successeur du général de Gaulle poursuit, durant cinq ans, cet entretien de la flamme historique, des origines jusqu’aux célébrations libératoires du territoire. Mais le dessin des timbres change profondément, au cours de cette présidence, comme si l’amateur éclairé du modernisme pictural qu’était Georges Pompidoud avait passé une consigne graphique ; les portraits, les commémorations adoptent une forme plus stylisée.

Le président Giscard d’Estaing fait réaliser, dès 1975, un timbre de ce dernier (mort en 1974) ; cette année-là, le Sénat, ombre tragique du général de Gaulle en 1969, fête son centenaire et a aussi son timbre. Sous le septennat de Giscard d’Estaing, les timbres illustrent à la fois une France à l’ancienne (des terroirs, des cathédrales, des châteaux, de la nature) et des régions au style radical « Herriot » et à l’heure européenne modèle « Briand ». Est-ce Jacques Chirac, premier ministre en 1974, qui obtient un timbre pour Ussel (Corrèze) en 1976 pour lui et pour Charbonnel, le fidèle gaulliste et chiraquien de l’étape ?

Bastille, République, Nation

1981. François Mitterrand élu président de la République, le monde philatélique se ressent de l’alternance politique. Et ce d’autant plus que le nouveau chef de l’Etat impose, dès 1981, le rétablissement de la formule « République française » - une bonne chose - qui avait été supprimée en 1975 suite à une recommandation imbécile de l’Union postale universelle demandant que les timbres ne fassent plus référence au régime politique des Etats (la formule a définitivement disparu en 2005, au profit du simple mot « France »).

Dès l’année 1981 sort une vignette hautement significative : acte symbolique s’il en est, le nouveau chef de l’Etat se rend au Panthéon ; un timbre est édité pour porter mémoire de cette geste ; il est frappé de la mention « 21 mai 1981 » (date de la visite présidentielle) et représente la coupole du Panthéon surmontée par les trois figures panthéonisées sur la tombe desquelles F. Mitterrand avait déposé une rose : Jean Moulin, Jean Jaurès et Victor Schoelcher. En 1983, deux autres timbres rendent hommage aux hommes qui auront le plus authentifié la gauche avant et après la guerre: Léon Blum et Pierre Mendès-France

Alors que Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing n’avaient pas privilégié l’Auvergne, le Cantal, ou le Puy-de-Dôme (Cajarc, Montboudif ou Chamalières, leurs terres locales et électives), le nouveau président donne sans complexe à la philatélie un tour personnel : un timbre « Jarnac » (sa ville natale) est émis en 1983 suivi, en 1985, d’un « Solutré » (lieu du fameux pèlerinage mitterrandien).

Bonne fille, la République « chiraquienne » émettra après sa disparition un timbre montrant l’ancien Président de trois quart avec une sobre légende qui se détache sur un drapeau tricolore : « François Mitterrand 1916-1996 ».

A sa mort, le 9 novembre 1970, le général de Gaulle avait fait l’objet d’une sorte de ferveur philatélique. C’est ainsi qu’en 1971 sortent un De Gaulle à Brazzaville et un De Gaulle sur les Champs-Elysées, suivis quelques années plus tard par une Croix de Lorraine et une commémoration du 40e anniversaire de l’Appel du 18 juin. Si cette évocation continue de « la France combattante » rappelle l’épopée du général résistant, le timbre mémoriel de de Gaulle, président de la Vème République se fait attendre : la « réparation » posthume vient, seulement, en 1990.

1989. Bicentenaire de la Révolution française. Les rotatives postales tournent à plein régime. Un timbre tricolore est créé avec trois oiseaux qui volent en escadrille dans un ciel rouge et bleu frappé de la mention pédagogique « Bicentenaire de la Révolution française ».

En 1988, déjà, la Poste « répète » : elle commémore la Journée des Tuiles, acte de baptême grenoblois de la Révolution, et célèbre le souvenir de l’Assemblée des trois ordres, qui s’était réunie au château de Vizille pour réclamer la convocation des Etats Généraux.

Arrive 1989. Un timbre - superbe - en quatre volets, de dimensions inhabituelles, magnifie la déclaration des droits de l’homme, reproduite intégralement avec l’iconographie d’origine. Trois timbres sont édités : « Liberté », « Egalité » et « Fraternité ». Le triptyque républicain dans sa pureté déclarative ! Tous trois ont une valeur égale (quoi de plus logique ?) d’un montant de 2,20 francs. De grandes figures de l’époque ont droit aux honneurs postaux : le chef d’armée Kellermann, Mirabeau, l’Abbé Sieyès, l’avocat Barnave, Madame Roland, Lafayette, Condorcet, Camille Desmoulins, etc. Presque toutes les stars de la Révolution y passent ! (Saint-Just, plus controversé, attendra 1991) …

En 1990, un timbre rappelle la création du drapeau tricolore, un autre celle des départements. Deux inventions de la Révolution qui ont conservé une indépassable actualité.

L’alternance rend justice aux républicains d’avant-hier : Jules Ferry, Jules Vallès, Pierre Waldeck-Rousseau, Max Dormoy, Victor Hugo, Louise Michel… ; ou plus près de nous : Pierre Cot, Vincent Auriol… Les généraux de la Libération ou les pères de l’Europe, les grands médecins (Robert Debré…) ou philosophes sont à l’honneur. En quatorze ans, cohabitations comprises, on revisite un peu plus de deux siècles d’Histoire, de littérature et d’arts, de sciences et d’humanité, comme jamais auparavant la République ne l’avait fait.

Mémoires vives

Lorsque Jacques Chirac accède, en 1995, à la présidence de la République, Georges Pompidou a déjà eu, l’année précédente, son timbre « mémoriel ». Mais douze ans à l’Elysée, même avec une autre cohabitation, vont lui permettre d’imprimer un certain retour à la mémoire gaulliste, aux Institutions, à la Résistance, à l’émotion.

Curieusement, de nombreux timbres répondant à ces critères, ont été programmés dès 1993 et 1994, comme si le duel annoncé Balladur-Chirac ne changeait rien au devoir de mémoire.
Mais, en revanche, deux timbres intriguent ! Celui ajouté « en complément pour l’année 1995 », dans l’arrêté du 6 janvier 1995 (JO du 22 janvier 1995), soit trois bons mois avant le premier tour des élections présidentielles : « village de Corrèze » ! Un autre, toujours « ajouté », pour le 25ème anniversaire de la mort du général de Gaulle. Il ne s’agissait plus d’un devoir de mémoire…mais bel et bien d’un devoir de précaution…Double précaution, au point qu’en 2003, pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, un timbre est émis en l’honneur de Tulle.

La précaution, à nouveau, est de règle jusqu’à la dernière minute du septennat : l’arrêté du 11 janvier 2007 - à une centaine de jours de l’élection présidentielle - ajoute pour l’année 2007 un timbre en l’honneur de Pierre Pflimlin et surtout une émission commune « France-Liban », au cas où Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal n’y auraient pas pensé ; des chiraquiens ont aussi leur lot de consolation. Avant de quitter le perchoir de l’Assemblée, Jean-Louis Debré est assuré d’avoir deux timbres pour l’année 2008 : l’un d’où il vient (le beffroi d’Evreux), l’autre où il va (Conseil constitutionnel). Antoine Rufenacht, fidèle compagnon, obtient un timbre pour sa mairie du Havre et le président du groupe UMP au Sénat, un timbre pour Josselin ( dans le Morbihan), résidence des ducs de Rohan.

André Malraux, Jacques Marette, Jacques Rueff, Michel Debré, Jacques Chaban-Delmas, René Cassin, Jean Pierre-Bloch, Geneviève de Gaulle, Félix Eboué, le général de Gaulle au Québec sont au tableau d’honneur. François Mitterrand a son timbre en 1997 ; Pierre Bérégovoy, en 2003

Côté Institutions, les commémorations ne manquent pas : de la magistrature et l’ENA jusqu’au quarantième anniversaire de la Constitution en passant par l’Assemblée nationale, le Conseil économique et social et l’Arc de triomphe, la nation retrouve ses repères avec la maison de Domrémy, Vercingétorix, la « Liberté guidant le peuple » jusqu’à Henri Wallon pour ne pas oublier la forme républicaine du Gouvernement, votée à une voix ; ajoutons l’armistice de 1918, un timbre honorant, en 1995, André Maginot (ministre des pensions désignant le poilu chargé de choisir à Verdun le 10 novembre 1920 - il y a exactement quatre-vingt dix ans - le « soldat français mort pour la patrie » ), un autre Leclerc pour la Libération, les départements d’outre-mer en 1946 et un timbre en hommage aux combattants français en Afrique du Nord…et l’on ne compte plus les siècles parcourus.

1995. Le 16 juillet, 53e anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv, le nouveau président de la République Jacques Chirac reconnaît, dans un discours historique, la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs. Un timbre poignant et de superbe facture est édité pour l’occasion, sur lequel figure sobrement la mention « 16 juin 1942 – Rafle du Vel d’Hiv).. Cette mémoire vive se prolonge avec un timbre célébrant France-Israël (1998) et un autre à la mémoire de Jacob Kaplan (2005) Une autre vignette sera créée pour commémorer le centenaire de la réhabilitation du capitaine Dreyfus



1999. L’heure de l’euro a sonné. La monnaie unique est officiellement née le 1er janvier. La France célèbre l’événement en sortant un timbre. Rouge, rectangulaire, fort dépouillé, à double affichage (3 F ou 0,46 euros). Destiné à mettre en exergue le logo de la nouvelle devise. La finalité pédagogique l’emporte sur le souci esthétique : ce timbre est l’un des plus laids et l’un des moins inventifs des dix ou vingt dernières années. Comme s’il trahissait la difficulté à enchanter la politique économique et monétaire européenne …



Des exemples encore plus récents ? Il n’en manque pas !

Aussitôt élu président de la République, Nicolas Sarkozy « mobilise » Guy Môquet et fait part de sa volonté d’entretenir la mémoire du jeune Résistant dans les écoles. Le programme philatélique de l’année 2007 est modifié par un texte du 21 septembre publié au Journal Officiel le 26 septembre pour créer un timbre à son effigie.

Au JO du 6 février 2008, Hervé Novelli, adjoint au maire de Richelieu, signe l’arrêté complétant le programme philatélique de l’année en cours…et y ajoute sa ville de Richelieu ! Alain Juppé avait obtenu un timbre en 2004, pour Bordeaux ; il reçoit une seconde médaille en 2008, peut-être en guise de remerciement discret et élégant pour sa mission commune avec Michel Rocard, lequel missionné également pour les calottes glaciaires, a droit à un timbre pour « la protection des pôles »

Un arrêté du 1er septembre 2008 vaut son pesant d’or ! Complétant le programme philatélique de l’année 2008, il contient in extremis deux ajouts significatifs : un timbre « Sommet de Paris pour la Méditerranée » (l’Union Pour la Méditerranée, voulue par le président Sarkozy, a été portée sur les fons baptismaux en juillet 2008), et un timbre « Chaumont » (ville dont Luc Chatel est devenu maire en mars 2008), qui prouve que même à l’heure d’internet, avoir un timbre à l’effigie de sa cité demeure pour un édile et ses administrés un honneur recherché (et plus aisé à obtenir lorsqu’on est à la fois le signataire de l’arrêté et l’heureux bénéficiaire !)

Le 19 mars 2009, l’arrêté, signé toujours Luc Châtel, rajoute pour l’année en cours la « conférence postale Euro-méditerranée » et liste pour 2010 un timbre célébrant le « 150ème anniversaire du rattachement du Comté de Nice à la France ». Un peu plus de six mois plus tard, le nouveau titulaire en charge de l’administration des Postes n’est autre que le maire de Nice, Christian Estrosi qui « ajoute » (arrêté du 29 septembre 2009) inutilement pour l’année son timbre commémoratif. Entre les deux arrêtés, il n’ ya rien de changé dans la programmation…sauf qu’un arrêté annonçant la sortie d’un timbre sur l’histoire de Nice a plus de poids s’il est signé par le premier magistrat de la ville.

L’ouverture politique s’exprime-t-elle aussi par les timbres en 2011 ? Peut-être si l’on considère un timbre pour Mulhouse (cité de Jean-Marie Bockel) et pour Crest (ville du villepiniste Hervé Mariton) dans la Drôme.
La philatélie peut aussi marier les contraires…mais à quel prix ! Un timbre (encore !) pour Georges Pompidou en 2011, après Gaston Monnerville en 2010. Depuis plus de dix ans, l’association des amis de Gaston Monnerville sollicitait une vignette en hommage à l’ancien président du Sénat (de 1946 à 1968) figure importante de l’opposition au général de Gaulle ; décédé en 1991, il dut attendre près de vingt ans post-mortem pour être enfin « affranchi » sur papier dentelé comme si les vieilles plaies avaient tardé à être pansées et les couteaux remis au vestiaire !

Alors… l’histoire d’un timbre n’est-elle pas politique ?

Bien sûr. Nous espérons l’avoir assez montré au travers de ces nombreux exemples. Emettre des timbres, on le voit, c’est faire de la politique par d’autres moyens. Et aimer la philatélie peut aussi constituer un acte politique.

Nicolas Sarkozy, on le sait, collectionne les timbres depuis son enfance. Pieuse passion, qui fut aussi celle du roi d’Angleterre George V et de Franklin Roosevelt (lequel s’affairait, dit-on, à sa collection lorsque lui fut communiquée la nouvelle de l’attaque japonaise sur Pearl Harbour).

Dans une lettre qu’il adressa en octobre 2007 à plusieurs associations de philatélistes, le nouveau président fit l’éloge de ce loisir qu’il décrivait comme « une ouverture au monde, à l’histoire et aux grands événements », tout en jugeant que le timbre « apporte la note artistique, humaniste et créative qui illumine ce geste simple d’affranchir une lettre ».

Porté par un noble enthousiasme, il faisait part de son souhait que la Poste « poursuive résolument l’augmentation du nombre de timbres en taille-douce, pour aboutir dès 2009 à 30% des émissions ». Qu’en a-t-il été dans la réalité ? En 2009, 109 timbres ont été émis. Dont 18 en taille-douce. Soit un modeste 19% …

Certains en concluront qu’il faudrait être timbré pour croire aux promesses politiques. Même lorsqu’elles se cantonnent au champ philatélique. Et même lorsqu’elles émanent d’un amateur affiché des morceaux de papier artistiques, humanistes et créatifs. Mais c’est une autre histoire …


David Brunat

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Philatélie et politique, de David Brunat
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