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Communiqué de presse le 21 novembre
Après avoir reçu un certain nombre d’assurances données par ma direction régionale, j’ai cessé ma grève de la faim. Je vais pouvoir reprendre très bientôt mon travail au bureau de Poste de Chauvigny et retrouver « mes » clients qui m’ont, dans leur ensemble, soutenu et je les en remercie comme je remercie tous ceux, d’un cercle beaucoup plus large, qui m’ont manifesté leur active solidarité, d’une manière ou d’une autre.
Je veux aussi et surtout expliquer pourquoi pour moi cette action extrême me semblait indispensable. J’ai été lourdement sanctionné pour un refus d’obéissance, réitéré certes, et j’ai pu constater en rencontrant à la ville mes clients qu’un doute sur l’origine et les motivations de cette sanction faisait naître une suspicion dans l’esprit de mes successifs interlocuteurs. Trois mois de mise à pied (sans solde évidemment) pouvaient leur laisser penser que j’avais commis quelque chose de plus infamant qu’un refus d’obéissance comme par exemple un détournement de fonds. Il est insupportable pour moi que ce doute puisse planer et que mon honneur soit sujet à caution. Pour moi l’Esprit compte plus que le corps. Et si certaines assurances ne m’avaient pas été données, j’aurais continué autant que nécessaire mon action, quoiqu’il pût m’en coûter au niveau de mon intégrité physique et mentale. Perdre tout, éventuellement, sauf l’honneur !
Il reste désormais à la justice, le Tribunal Administratif, de statuer sur le bien-fondé de ma sanction et s’il convient ou non de l’annuler. Si cette instance devait me débouter dans ma requête, je connaitrai alors, et d’autres en même temps, qu’elle est le prix de la liberté d’expression au travail quand on est un fonctionnaire d’Etat. J’ai déjà fait mienne, cette phrase de Montherlant, « La Liberté existe toujours, il suffit juste d’en payer le prix ». Et dans mon cas, dénoncer différents abus commis dans le cadre de mon activité professionnelle m’aura coûté environ 6000 euros. Si la Liberté, ne fut-elle que d’expression, est à ce prix, finalement c’est assez bon marché et je ne regretterai rien de mes prises de position qui allaient juste dans le sens de l’équité la plus élémentaire!
Dominique Audigué