Depuis le 21 novembre, La Poste garde le courrier de Lucienne Logie, une habitante de Quesnoy-sur-Deûle. Celle-ci refuse de déplacer la boîte aux lettres d'une maison qu'elle loue à sa fille,
Tout a commencé le 26 juin. Pascale Valon, la fille de Mme Logie, reçoit un courrier de la plate-forme de distribution de courrier de Comines qui lui demande de mettre sa boîte aux lettres aux normes. Celle-ci est fixée sur la façade, à côté de la porte de garage et est facilement accessible par l'allée qui y mène.
La Poste s'appuie sur les articles 121-1-5 et D90 du code des postes et des communications électroniques qui « prévoit l'installation obligatoire d'une boîte aux lettres acessible, c'est-à-dire à l'entrée de votre propriété, en bordure de la voie ouverte à la circulation publique ». Et dans ce courrier, il est précisé : « Cette boîte doit être normalisée si l'habitation a été construite après 1979. » Et c'est sur ce point qu'il y a eu confusion, puis blocage. « Le permis de construire de mon habitation a été déposé en mars 1978, avant la loi du 12 juillet 1979, indique Lucienne Logie. Donc, on n'est pas tenu d'installer une boîte aux lettres normalisée. »
Le jour du premier courrier, Lucienne Logie est prévenue par sa fille qui écrit à son tour à La Poste pour lui demander de contacter sa mère, la propriétaire. Pas de réponse, mais le 12 août, un nouveau courrier de rappel accompagné d'une mise en garde : « Nous vous accordons un délai d'un mois pour équiper votre propriété. À défaut, votre courrier sera laissé à votre disposition à la plate-forme courrier situé rue Neuve pendant quinze jours, puis retourné à l'expéditeur. »
Le 23 août, Pascale Valon demande une nouvelle fois à La Poste de s'adresser directement à la propriétaire de la maison, sans succès. Le 17 octobre, La Poste lui adresse cette fois une mise en instance, l'enjoignant de faire la mise aux normes dans un délai de quinze jours. Le 20 octobre, c'est Mme Logie qui explique dans un courrier qu'elle n'est pas obligée de s'exécuter.
« Quinze jours plus tard, le facteur que l'on connait depuis des années vient me dire que mon courrier n'est pas retenu, mais que je peux aller le chercher ! Il me dit qu'il suit les ordres ! Depuis le 21 novembre, mon courrier n'est plus distribué. »
Lucienne Logie n'est pas femme à se laisser faire, même si cette situation lui pèse. Elle envoie un nouveau courrier le 28 novembre à la direction régionale et à la plate-forme. Et le 29, sa fille porte plainte pour violation du secret des correspondances. « Selon l'article 226-15 du code pénal, il y a violation par le fait, commis de mauvaise foi, d'ouvrir, de retarder ou de détourner un courrier », explique-t-elle.
Samedi matin, Emmanuel Billard, le directeur de la plate-forme de Comines, est néanmoins venu a leur domicile « pour éviter le procès », selon Mme Logie. Mais l'entretien a vite dégénéré, chacun campant sur ses positions. « Je ne céderai pas ! indique Lucienne Logie. J'espère que la direction générale ne va pas cautionner de tels actes, ce serait la porte ouverte à tous les abus. »