CHAMPAGNE-ARDENNE. Le syndicat CFDT Poste Champagne-Ardenne a réclamé hier la mutation de Catherine Nebout, directrice régionale de la branche « Enseigne » de l'établissement en raison de « harcèlements réitérés » sur son entourage professionnel. « Ses collaborateurs ont atteint un niveau d'angoisse difficilement supportable », explique Jean-François Toury, le délégué syndical CFDT de La Poste.
Les supposées pressions exercées par Mme Nebout sur ses collègues ne dateraient pas d'hier mais de sa prise de fonction, en 2006. « Cela n'a fait qu'empirer. Les gens n'osaient pas parler par peur de représailles mais c'est devenu intolérable. Quand des salariés, des cadres notamment, se mettent à pleurer devant vous, c'est qu'il se passe quelque chose d'anormal », poursuit le syndicaliste.
Le « carton rouge » adressé par la CFDT à la directrice évoque une « attitude méprisante et odieuse », déjà dénoncée dans un tract en 2008. « Lors de ses rares visites dans les bureaux, elle ne daigne même pas saluer les guichetiers ni les agents des services arrières, ne se souciant que d'agresser les conseillers financiers ou les conseillers de clientèle », écrivait alors le syndicat.
A l'époque, la CFDT s'était également interrogée sur la compétence de la directrice : « Pendant qu'elle gesticule, vocifère, insulte, incendie, change d'avis tous les jours sur la stratégie à mener, qui dirige l'Enseigne ? »
« A la hussarde »
A en croire Jean-François Toury, les choses ne se seraient pas arrangées depuis : « Ces dernières semaines, les appels au secours de personnes en détresse se multiplient. La CFDT ne peut accepter un tel mal-être au travail […]. Les Postiers souffrent de douleurs morales, de détresses physiques, psychologiques et de dépressions. Ils n'en peuvent plus de ce management à la hussarde ». Sous couvert d'anonymat, un cadre est plus explicite : « La peur des représailles est telle qu'il a fallu attendre 2010 pour mettre au grand jour ces actes de harcèlement. Aujourd'hui, des collaborateurs et manageurs en dépression sont sur le point de craquer. Il est de mon devoir d'alerter sur les conséquences imprévisibles que pourrait avoir ce type de management ».
En choisissant de porter l'affaire sur la place publique, le syndicat veut aussi en informer la hiérarchie nationale de l'entreprise, en l'occurrence le président de La Poste.
La CFDT procédera également aujourd'hui à la distribution de tracts dans les agences postales pour réclamer « l'application de l'article 11 du code de la fonction publique ».
Cet article stipule que « l'intégrité morale et physique des agents doit être préservée ». La CFDT demande également au patron de La Poste de « faire appliquer l'instruction du 15 juin 1209 portant sur la prévention du harcèlement moral à La Poste ».
Contactée, Catherine Nebout a fait savoir hier soir par son attachée de presse qu'elle « réfutait ces accusations » et propose de « recevoir les représentants syndicaux pour échanger sur la situation ». « Catherine Nebout a toujours pris soin d'échanger régulièrement avec les syndicats et de rester à leur écoute, comme l'indiquent les réunions de dialogue social programmées toute l'année », conclut le service de presse.
L'affaire intervient alors que, la semaine dernière, un directeur de La Poste en région parisienne avait été sanctionné pour avoir, dans un courriel, encouragé ses directeurs de vente à « exterminer » leurs mauvais vendeurs, « jusqu'à épuisement rapide des espèces qui ne sont pas protégées ». Rémy Karcher (c'est son nom !) avait été suspendu.
Gilles GRANDPIERRE

bravo camarade

maintenant même chose sur certain cadre de Moissy Craùayel
