| 12 mars 2011 06h00 | Par Alain Bernard |
Périgueux
Embellie à l'Imprimerie du timbre de BoulazacUn plan d'investissements exceptionnel de 16 millions d'euros vient d'être annoncé.
[b]La qualité des matériels et le savoir-faire des hommes font la richesse de l'Imprimerie des timbres de Boulazac. ARCHIVES ARNAUD LOTH[/b]
Après
des turbulences en 2009 et 2010, mariées à des rumeurs et aggravées par
une absence locale de communication, une information positive se fait
jour à l'imprimerie du timbre de Boulazac.
Elle va bénéficier sur quatre
ans, d'un plan d'investissement exceptionnel de 16 millions d'euros,
validé par la Direction du courrier, en supplément du plan classique
annuel de 1, 1 million d'euros. Cette nouvelle intervient après les
alertes répercutées par les syndicats sur des réductions drastiques de
personnel sur le site, passé pour certains, en peu de temps, au-dessous
du seuil des 500 employés.
Honneur à la taille-douce
L'information
restée discrète, dans le cocon de l'entreprise, a été révélée aux
Phil@postiers - le nom des collaborateurs de Phil@poste (1) - lors d'une
récente rencontre à l'Agora, en présence de Françoise Elsinger, la
grande patronne de Phil@poste.
Le
plan devrait notamment permettre d'acquérir une clicherie taille-douce
laser, une presse taille-douce feuilles quatre couleurs et une rotative
taille-douce trois couleurs. On croit rêver puisque, sans être forcément
rangée au placard aux souvenirs, la taille-douce avait fini, au long
des années, par être considérée comme belle, mais chère. D'autres
procédés (offset, héliogravure) lui avaient été préférés, alors que
cette technique avait fait la gloire internationale de Boulazac. Héritée
de l'art des graveurs florentins du XIVe siècle, la taille-douce a
largement contribué à la qualité innovante du timbre français.
Massicotage sur le départ
Ajoutés
par ailleurs à une presse offset six couleurs avec séchage aux
ultra-violets et à une imprimante numérique, ces matériels font penser,
si l'on en croit Phil@poste à « une pérennisation du site de Boulazac,
avec la taille-douce et l'impression mixte comme fer de lance de
Phil@poste ». La mutation de l'Imprimerie a cependant d'autres
conséquences. Ainsi La Poste a-t-elle lancé un appel d'offres européen
(non encore abouti) pour externaliser le massicotage et le découpage des
timbres, soit 1 million d'euros de chiffre d'affaires par an. La Poste
parle d'« activité à faible valeur ajoutée », et affirme que, par
reclassement, « il n'y aura pas de suppression d'emplois ».(2)
Enfin,
pour la Journée du timbre, fêtée cette année à Sarlat, est sorti un
superbe « collector » sur le thème écologique des productions de la
terre, avec dix timbres dont la moitié « à semer ». Or, malgré le
monopole régalien de l'Imprimerie de Boulazac sur la publication des
timbres, les philatélistes ont noté que ce « collector » est sorti, à
titre exceptionnel, de chez l'imprimeur indépendant Cartor. Coup de
canif dans le contrat !
(1) L'Imprimerie des timbres-poste et
valeurs fiduciaires, dont le transfert en 1970 de Paris à Boulazac
constitua un fait majeur de l'histoire du Périgord contemporain,
s'appelle désormais officiellement « le site de production de Phil@poste
à Boulazac ». Le siège de Phil@poste, qui coiffe la production et la
commercialisation des timbres, se situe à Gentilly (Val-de-Marne).(2) Toujours le même message de La Poste! Mais nous savonsien ce que cela veut dire....