Le chef d'équipe était un jeune, fraichement sorti des cours de la "nouvelle Poste". Il passait son temps à parler de foot. Il n'avait de sympathie que pour ceux qui s'interessait à ce sport. Son bureau, la table d'ouverture, et de l'autre côté la machine à affranchir, où se tenait le poste de Cassandre. Toujours la même affaire : les grands formats à tamponner à la main avec le timbre à date mis à jour chaque matin, les petits formats oblitérés à la machine (au bruit infernal, comme une mitraillette). Puis le tri, assez simple, par région limitrophe du département, et le reste. Mise en sac. Des jeunes venaient l'après-midi pour l'ouverture des sacs et le tri. Parmi cette routine qui la faisait se sentir être "comme un rat mort", quelques anecdotes tout de même. Un matin, on lui dit qu'il n'y avait rien a trier, parce que la boîte aux lettres de l'extérieur avait été incendiée. Chômage technique, le directeur et d'autres essayaient de sauver ce qu'ils pouvaient, d'identifier certains destinataires ou expéditeurs, dans une odeur de suie. L'incendiaire a été retrouvé plus tard, grâce à une caméra qui l'avait identifié. C'était quelqu'un de déséquilibré. Une fois aussi, une histoire sordide : cassandre triait des grands formats pour le soir. Dans une case, d'une lettre épaisse émanait une mauvaise odeur. Elle était molle. Elle était destinée à Bouygues Télécom. Cassandre en fît part à son chef. Tout le monde était consterné, car cette odeur ressemblait assez à de la M.... ! Après quelques heures de Réflexion, le chef décida de la jeter à la poubelle. Mauvais souvenir, totalement déprimant, personne n'en a rit !
Le chef avait une préférence pour les hommes, et était méfiant à l'égart de Cassandre. Est-ce parce qu'un jour, lorsqu'il lui avait demandé de noter, quand elle triait le courrier départ, sur un cahier le nom des entreprises qui n'étaient pas abonnés aux machines à affranchir (oblitération rouge), ceci afin de se faire de nouveaux clients, elle lui avait posé la question si elle toucherai un commissionement ! cela ne lui a pas plu visiblement.
Puis un jour, par curiosité, elle regarda le règlement intérieur, à moitié caché par une armoire. Elle découvrit que l'on ne devait pas dépasser 11 heures d'amplitude, et elle en faisait 12 ! Elle en parla à son syndicat, qui vint au bureau du receveur, pour négocier un 80 %, afin de raccourcir la journée. Le receveur accepta. C'est vrai que Cassandre, dès qu'elle sortait du bus, et marchait vers son travail, avait la nausée. Franchir le seuil du bureau, le vertige. Le seul plaisir et la revanche était de bien faire son travail. On aurait dit que ça déplaisait au chef et à certains collègues. Puis on lui repprocha d'être à 80 %, son chef appellant ça un "passe-droit", c'était ses termes ! Un collègue lui en voulait, elle sentait sa colère, et sa violence. Il lui faisait peur. Un soir, avant l'arrivée du camion, elle alla vers les sacs pour mettre des lettres retardataires qui sinon auraient une journée de retard, celui-ci la traita de "conne " ! Charmant ! il ressemblait à un homme de la préhistoire.....
Elle vit aussi d'autres choses : le racisme des collègues vis à vis d'une conseillère financière marocaine, le placement d'une acco directement au guichet carré-pro (entreprises) sans aucune formation, des tableaux de notation à la vue de tout le monde pour les conseillers et guichetiers : la politique du profit était là, et de la concurrence, et de la sale ambiance ! L'époque était à l'établissement des 35 heures, un vrai casse-tête pour la direction ! Le receveur était très stressé.
Un jour, le chef eu le reproche de la direction qu'il parlait trop fort, et de foot, et que celà s'entendait dans la salle carré-pro, et que des "clients" s'en étaient plaint !

Cassandre rigolait en douce !!!!!
Quand celui-ci lui fît sa notation , d'abord il lui dit qu'une partie de son dossier (en centre de tri) n'était pas dans son dossier (disparu ?), puis la saqua pour chaque point, c'était un moment désagréable...... pas de cadeau...
Elle avait toujours pensé que c'était un homosexuel refoulé, ou un misogyne, bien qu'il soit marié avec enfant.
Elle commençait à rêver d'air pur, d'aventure, de liberté. Cela ne pouvait plus durer. la seule solution était la disponiblité, et au bout d'un an, la mutation ailleurs, au petit bonheur la chance ! Elle fît sa demande.